Comment exprimez-vous votre gratitude ? Et si vous écriviez une lettre ou une histoire ?

William Shakespeare a écrit : "L'amour ne voit pas avec les yeux mais avec l'âme"

Les yeux ne sont-ils pas le miroir de l'âme? Et si finalement, l'amour n'était pas aveugle… Si au contraire, il accroissait notre vision d'une manière exceptionnelle… S'il nous permettait de découvrir ce qui se passe à l'intérieur de notre être, s'il permettait tout simplement de révéler notre essence. Qu'en est-il de ces personnes croisées, qui nous touchent profondément, en plein cœur, alors même que nous ne les connaissons pas. Vous est-il déjà arrivé de vous sentir touché par le regard d'un ou d'une inconnu(e), une expression perçue, cette sensation qui fait que d'un seul coup, tout est relié dans le monde. Comme si tout ne faisait plus qu'un. Vous savez que ce regard est important, il vous reconnecte à ce moment présent, à cet état d'universalité, à votre âme. Vous devez vous arrêter sur ce moment présent, maintenant. 

 

Je me souviens de toi, alors illustre inconnu. Nous nous promenions en ville. Il faisait nuit, un peu froid aussi car Noël approchait. L’effervescence est plutôt commune en cette période de l'année. Je passe devant toi, croise ton regard, continue mon chemin. Je me retourne comme captivée par ton regard, impossible de faire comme si je ne l'avais pas croisé. Ce regard qui me raconte ta souffrance, ton histoire, comme une blessure, une déchirure. C’est plus fort que moi. Comme si de ce regard jaillissait un appel. Je suis troublée, ne peux me l'expliquer mais ne peux pas faire comme s'il ne s'était rien passé. J’essaie de reprendre ma route, mais ton regard est magnétique. Je me retourne encore et encore, puis décide de rebrousser chemin, sans un mot pour m'expliquer.   

 

 

 

Nous échangeons alors quelques mots. Ta vie dans la rue, si rude, l’accumulation de petits riens qui construit sournoisement la dégringolade. Comment s’accrocher, à qui et pourquoi… Ces doutes te tenaillent. Pourtant, je ressens l’espoir que tu portes en toi, cette vibration si discrète alors. Elle est bien là, enfouie comme une étincelle prête à s’embraser de nouveau. Plusieurs années se sont écoulées. Cette rencontre me bouleverse  encore aujourd'hui. Tu occupes souvent mes pensées. Cette lettre pour te demander pardon de ne pas t’appeler plus souvent, ne serait-ce que pour rencontrer la femme qui partage désormais ta vie. Quel bonheur de te savoir à nouveau accompagné et heureux. Je te sais courageux d’affronter la maladie, toi qui a déjà traversé tant d’épreuves. D’avoir croisé ton chemin est un privilège. De celui qui nous rappelle à cet amour fraternel, de ce lien qui fait que la solitude est moins lourde à porter, de ce qui donne un sens à notre humanité.                   CFO  


CONTACTEZ-NOUS: 

Corinne FOURET : 06 27 07 61 06

ADRESSE : 2 Rue Jean Bonnardel Entrée C 33140 VILLENAVE D'ORNON